Appel des professionnels de l'enfance

Les enfants ne sont pas la variable d'ajustement des désirs des adultes

Non à l’instrumentalisation du suicide des jeunes, homos ou pas

Hier, j’évoquais les méthodes de « harcèlement psychologique », employées par certains promoteurs du projet de loi Taubira.
Je souhaite illustrer mon propos par un exemple.
Pour dramatique qu’elle soit, la question du suicide ne saurait être instrumentalisée, surtout pour pratiquer une sorte de chantage affectif : « arrêtez de dire que vous êtes contre le projet Taubira, sinon de plus en plus de jeunes homosexuels se suicideront ! »
Ainsi, Vincent Peillon rappelait dans son courrier aux Recteurs le 4 janvier dernier que « la prévalence du suicide chez les jeunes homosexuels est d’ailleurs plus de cinq fois supérieure que chez les jeunes hétérosexuels » : cela signifie qu’un jeune homosexuel a 5 fois plus de risque de faire une tentative de suicide qu’un jeune hétérosexuel.
Il faut placer cette information dans un contexte plus large pour bien comprendre de quoi on parle. En France, chaque année, on compte un peu plus de 10 000 suicides (environ 160 000 tentatives). 5% de ces suicides sont le fait des moins de 25 ans (V. Peillon parle des jeunes collégiens et lycéens), ce qui représentent autour de 500 suicides de jeunes. Parmi ces jeunes, un quart sont homosexuels (source : « Adolescents homosexuels : la révélation » [archive], Envoyé spécial, France2, 6 janvier 2011), soit autour de 125 cas chaque année.
On ne cesse de nous dire que la cause de ces suicides est l’homophobie ambiante. Or, la réalité est beaucoup plus complexe que cela. IFOP, présente une enquête « sur la société française et l’homosexualité entre 1986 et 2013 » et fait le constat que contrairement à ce qui est affirmé, l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée par les Français. Donc l’argument ne tient pas qui consiste à dire que le suicide des jeunes homosexuel est dû à l’augmentation de l’homophobie.
Il ne s’agit pas de minimiser la question du suicide des jeunes homosexuels, mais de l’inscrire dans la question plus fondamentale du suicide (90 % des personnes qui se suicident ont des troubles mentaux : source : http://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/suicide-autopsie-psychologique-et-prevention). Ainsi, il faudrait se préoccuper du suicide des enfants (10% des cas de suicides de jeunes sont le fait d’enfant de 8 à 12 ans ; source le Monde.fr 7 février 2013), et du suicide des hommes (73% des suicides sont masculins).
Jérôme Brunet

Président de l’Appel des professionnels de l’enfance

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Cette entrée a été publiée le août 15, 2013 par dans Articles, et est taguée , , .
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