Appel des professionnels de l'enfance

Les enfants ne sont pas la variable d'ajustement des désirs des adultes

Une entreprise de déconstruction est en marche

autre-art-casse-tete-de-construction-croix-1257903-img-0941-76d5a_570x0Madame Taubira a déclaré, à propos de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe : « C’est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation« [1]
Ces derniers mois, plusieurs propos de ministres, notamment ceux de M. Peillon, ministre de l’Education nationale, ou de Mme Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, ont inquiété parents et éducateurs, et parmi eux, de nombreux enseignants et chefs d’établissement.

« Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles ».[2]

Comment ne pas être inquiets de ce changement des mentalités que le ministre appelle de ses vœux, et qui passerait par le respect de la diversité des orientations sexuelles ?
Est-ce à dire que demain, les élèves apprendront qu’on ne se définit plus en tant qu’homme ou que femme, mais en fonction de notre orientation sexuelle ?
Est-ce à dire que l’orientation sexuelle devient le nouveau socle de notre projet social ?

Cette entreprise de déconstruction repose sur une fausse bonne intention

Une convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes est parue au Journal officiel de février 2013
Qu’y-t-il sous ce mot d’égalité ?
Le risque est que cette égalité soit fondée sur la minimisation des différences homme-femme. Certains rêvant déjà d’« uniformiser » l’éducation des garçons et des filles au motif que ce serait la seule éducation « égalitaire » ;
D’autres prétendent que les différences entre les hommes et les femmes ne seraient que le résultat de l’éducation, de la culture, sans que le biologique influe sur notre identité sexuelle.
Nous voulons, quant à nous, que l’école promeuve une éducation à la richesse de la complémentarité des sexes ;
Nous voulons une éducation à l’égalité qui se fonde sur la reconnaissance de la différence vécue comme une richesse et non comme une menace.
Nous affirmons que le biologique porte une part de notre identité sexuée – et donc de notre identité personnelle – et que c’est faire injure à notre nature que de ne pas le prendre en compte dans l’éducation.
Nous voulons que les garçons puissent cultiver les qualités masculines qui sont les leurs et les filles leurs qualités féminines, sans cloisonnement, sans rejet de l’autre, sans caricature et dans un dialogue permanent.

« il faut arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix ».[3]

Toute société construit ses propres stéréotypes, et l’on peut comprendre que cette société évoluant, il est nécessaire de les réinterroger pour les faire évoluer.
Certes, nous devons interroger notre manière d’éduquer les garçons et les filles : oui, on peut être une fille et préférer la boxe aux jeux de poupées… et oui, on peut être un garçon et préférer la danse classique à la mécanique !
Est-il pour autant pertinent de proposer en grande section de maternelle le livre « papa porte une robe », comme le préconise le syndicat d’enseignant SNUipp-FSU, en vue de déconstruire les « stéréotypes de genre » ? Peut-on ainsi prendre une situation exceptionnelle (un papa ancien boxeur, qui devient travesti dans un cabaret et vient chercher son enfant en robe à l’école…) pour en faire une règle générale ?
Ce serait, en orthographe par exemple, mettre l’exception au rang de la règle générale, neutralisant ainsi la règle. On connaît le résultat qui s’en suivrait.
L’école est le lieu de la socialisation. Socialiser, c’est apprendre des règles communes, et ces règles communes ne peuvent se fonder sur une juxtaposition de cas particuliers. Sinon tout devient subjectif.

« La révolution française a échoué parce que on ne peut pas faire une révolution uniquement dans la matière, il faut la faire dans les esprits. »[4]

C’est bien une Révolution qui est en marche, n’en doutons pas, en voulant faire muter l’humanité vers de nouvelles « catégories » (de l’identité sexuelle vers l’identité de genre). Les implications sont profondes : elles touchent la filiation biologique, la gestation pour autrui, la complémentarité des sexes, bref, une redéfinition de l’humain.
Cette révolution, qui prétend séparer la nature de la culture, nous n’en voulons pas, parce que justement, nous pensons que l’être humain est la croisée de ces deux réalités.
Nous nous mobiliserons pour que notre école devienne le lieu de la construction d’une société fondée sur l’équilibre : entre nature et culture, biologique et social, individuel et collectif, homme et femme.

Jérôme Brunet

Président de l’Appel des professionnels de l’enfance

Porte-parole de la Manif pour tous


[1] Entretien publié dans « Ouest France ». (Créé le 07-11-2012 à 11h01 – Mis à jour à 11h40, site internet du nouvel obs)

[2] Lettre de V. Peillon aux Recteurs, 4 janvier 2013

[3] Vincent Peillon, l’Express du 2/9/12

[4] Vincent Peillon au sujet de son livre « La Révolution française n’est pas terminée » http://www.dailymotion.com/video/x704hn_la-revolution-fr-n-est-pas-terminee_creation#.UXuSoMp2v5M

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Cette entrée a été publiée le août 22, 2013 par dans Articles, et est taguée , , , , .
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